Un cœur pour la fête des grands-mères - Nostalgie
Blablas au thé

Le parfum de l’enfance

Petite, je passais toutes mes vacances d’été dans la ferme de ma mamie, au milieu des pins. Chaque journée là-bas était une fête.

Quand elle est partie, c’est un peu de mon enfance qui s’en est allée.

Mais il suffit que je ferme les yeux et que je me souvienne pour que j’en hume de nouveau le parfum.

Ma mamie est toute entière dans ces petits bouts de passé qui s’accrochent dans ma mémoire, qui, jamais, ne céderont leur place à l’oubli.

Ma mamie, c’est le chant de ces délicieux beignets d’aubergine qu’elle faisait crépiter dans sa marmite. Je l’observais, avide, attendant avec bonheur qu’elle m’en donne un, enveloppé dans un papier d’essuie-tout.

Ma mamie, c’est le goût de ce café au lait que je prenais tous les après-midi, au goûter, dans lequel je trempais mes Petits Beurres LU (aux quatre coins préalablement croqués), mais chuuuut, il ne faut pas le dire à maman !

C’est aussi la douceur de ces œufs encore tièdes que nous allions chercher chaque jour dans les cabanes des poules, munies de notre panier en paille.

C’est l’odeur de la plume brûlée qui flotte dans l’air, durant ces matins de brume, lorsque je l’aidais à « déshabiller les poulets ».

Ce sont ces chutes de laine qu’elle me donnait pour que je puisse confectionner des pompons. J’en laissais traîner partout, de toutes les couleurs, de toutes les tailles.

Mais, ma mamie, c’est surtout un visage aimant et doux.

Quand je clos mes paupières, je vois ses yeux. Des yeux vifs qui souriaient tout le temps. Même quand sa bouche semblait dire le contraire, elle ne pouvait pas les empêcher de briller de cette lueur de malice.

Je visualise également ses coquettes boucles blanches qu’elle faisait régulièrement « arranger » chez le coiffeur. Elle était si fière de leur belle couleur immaculée.

Et je peux presque sentir ce parfum, dont elle glissait quelques gouttes dans le cou à chaque fois qu’elle sortait. Ce parfum avec lequel elle avait l’habitude d’imprégner un mouchoir au tissu lisse et bien repassé afin de me le confier tous les soirs, en guise de doudou, lorsqu’elle me bordait.

Ma mamie, ce sont tous ces petits bonheurs d’enfance et tellement, tellement plus.

Bonne fête, ma petite mamie.

6 commentaires

    • Emma

      Ohhhh, merci ! J’ai hésité à le poster pourtant, je n’étais pas satisfaite : je trouvais que ce texte était bien trop fade pour illustrer tout ce que représentait ma mamie. Contente que ça t’ait plu ! :o)

  • Le monstrothécaire

    C’est adorable !

    Moi, ma mamie… C’est le poisson secoué dans un lit de farine. Les confitures et le dénoyauteur à cerise. Le tricot et les cours pour apprendre à coudre des boutons sur de vieux torchons. Les chocolats chauds, le sucre glace sur les gaufres. Les soirées passées à jouer aux cartes. Et aussi, les randonnées absolument partout, les voyages dans tous les pays du monde, les nuits en haute montagne, les nuits devant le feu à l’âtre. Les berceuses qu’elle me chantait pour dormir.

    Vive le premier mars ! ^^

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