Peur des insectes - Le cousin - Les enfants et les insectes - Vie de maman
Blablas au rhum

Le cousin

Connaissez-vous le cousin ?

Je ne vous parle pas du fils de votre tata préférée, mais de cet insecte inoffensif mais ô combien envahissant qui se réfugie dans nos intérieurs à cette période de l’année.

Depuis quelques semaines, ils pullulent littéralement chez nous. Et depuis quelques semaines, nous vivons un calvaire tous les soirs.

Je vous ai déjà parlé de la phobie de ma fille pour les insectes ici.

Elle est déjà hystérique pour les tout petits insectes. Même les papillons ne trouvent pas grâce à ses yeux. Si, si.
Alors que dire du cousin qui ressemble à un moustique mutant aux pattes arachnesques et gigantesques ? Et qui vole en plus, inconscient de l’effroi qu’il cause, pour venir batifoler sous son nez et la frôler de ses ailes perfides ?

Bref, toutes nos soirées débutent par un combat titanesque de l’homme – enfin, en l’occurrence, bien souvent de la femme – contre l’animal.

Au début, ça me plaisait bien : c’était pour moi une occasion de faire briller les yeux de ma fille qui voyait en moi une super héroïne, armée de son balai télescopique et volant à son secours, telle une fantastique Wonder Gyver (la digne héritière de Wonder Woman et de MacGyver).

Mais, au bout d’un mois à ce rythme, je suis au bord de la crise de nerf. Non, parce que c’est que ça déborde sur les soirées, cette histoire-là : l’insecte, par la lumière de sa lampe de chevet alléché, prend un malin plaisir à venir tournicoter autour d’elle lorsqu’elle lit au lit.

Hier soir, par exemple, alors que je m’apprêtais à passer une soirée en tête à tête avec ma série préférée du moment (Hippocrate, pour les curieux), elle m’a appelée à l’aide, terrorisée, pas moins de trois fois.

La première fois, je n’ai pas trouvé la bête. Je suis parvenue à la persuader qu’elle avait dû s’enfuir vers d’autres cieux plus cléments. La chambre de son frère, par exemple.

La seconde fois, également, l’animal avait mystérieusement disparu lorsque j’arrivais sur les lieux du crime. J’ai donc dit à ma fille qu’elle avait dû s’endormir et que – sans le moindre doute – elle avait rêvé. Elle ne s’est laissée convaincre qu’au prix d’âpres négociations.

La troisième fois qu’elle a débarqué dans le salon, pas folle la guêpe (oui, je sais, la métaphore est mal choisie compte-tenu de son aversion pour les bestioles), elle a été moins crédule et a campé ferme sur ses positions, les bras croisés et le regard frondeur : elle ne réintégrerait pas son lit tant que je ne lui aurais pas offert le cadavre du monstre.

Je l’ai donc accompagnée une nouvelle fois dans sa chambre en espérant enfin mettre la main sur la créature. Nous l’avons dénichée dans un coin.
Du plafond.
En hauteur donc.

Comme j’essaye de lui enseigner que toute vie est précieuse – même celle des insectes, je lui ai proposé de tenter de l’attraper pour le relâcher au-dehors.

Mademoiselle a accepté.

J’ai donc entrepris d’escalader sa commode, mais, même si j’avais déjà le vertige, il me manquait encore une bonne cinquantaine de centimètres.

Je suis donc allée récupérer le fameux balai télescopique pour tenter de le décoller de son plafond : le filou a voleté jusqu’au coin opposé.

Nous avons joué, lui et moi, pendant dix bonnes minutes, puis, n’y tenant plus, j’ai décidé d’employer la manière forte : j’ai dégainé l’escabeau.
Je n’étais plus qu’à quelques centimètres du cousin taquin, quelques millimètres seulement, doucement, très lentement, j’ai approché mes doigts et… j’ai réussi à mettre la main dessus. Sur une de ses pattes du moins. Car le cousin, en plus d’être joueur est généreux : il n’hésite pas à faire don de ses membres si sa survie en dépend.

Je me suis donc retrouvée avec une seule patte à présenter à ma fille. Dans un fol espoir, j’ai pensé que cela suffirait.

« Ça ne compte pas ! » s’est-elle insurgé.

Et elle a pointé du doigt la bestiole volante qui me narguait depuis son plafond. Je ne voudrais pas paraître paranoïaque, mais je crois bien qu’elle se marrait, dans son coin, fière de sa petite blague.

J’ai alors regardé l’animal. Il m’a rendu mon regard.
J’ai fait claquer ma langue, menaçante. Il a fait vibrer les cinq pattes qu’il lui restait l’une contre l’autre (je vous assure).
C’était pire qu’une provocation, c’était une insulte, un outrage à maman.
Il m’a presque semblé entendre en fond sonore la musique angoissante d’Enio Morricone (après vérification, il s’agissait du générique de fin de ma série).

Alors j’ai asséné le coup de grâce : j’ai demandé à ma fille de venir dormir avec moi.

Au bout d’un moment, l’héroïsme a ses limites.

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