Saint-Valentin - Amour - Humour
Blablas au rhum

La Sans-Valentin

La Saint-Valentin, si je résume, je m’en fiche un peu. Je ne la fête pour ainsi dire jamais. Ou plutôt, je ne la fête plus.

Plus depuis cette fois-là.

Lorsque je me suis levée en ce 14 février, j’ai trouvé sur l’oreiller voisin un papier plié en quatre. Mon petit cœur ingénu a frissonné.

Mon amoureux (que nous appellerons Valentin pour les besoins de l’histoire) me proposait un jeu de piste en guise de cadeau de la Saint-Valentin. Quelle chouette idée !

La première énigme disait à peu de choses près : « j’ai quatre pieds mais je ne porte jamais de chaussettes, qui suis-je ? ».

Quatre pieds, quatre pieds, quatre pieds… Mes méninges avaient fumé autant qu’un fan de Tryo égaré dans un champ de cannabis et la solution m’était apparue : le chat ! Forcément, ce ne pouvait être que ça ! Valentin avait dû accrocher l’énigme suivante à son collier.

J’ai donc entrepris d’attraper la bête. La plupart des chats sont placides, calmes et passent leur temps à dormir quand ils ne ronronnent pas.

Ce n’était pas le cas du mien.

Le mien faisait honneur à ses origines félines : truffe frémissante, yeux perçants, oreilles aux aguets, griffes acérées et queue redoutable prête à fouetter (puisque je vous le dis !), ce chat ressemblait plus à la terrible créature imaginée par Stephen King dans Simetierre qu’au Chat Potté.

J’ai donc dû ruser pour l’approcher : j’ai tenté l’embuscade par l’arrière avant de lui sauter dessus.

Il y a eu des bruits étranges, des griffes qui lacèrent, des touffes de poils qui volent et des étoiles qui clignotent devant mes yeux.

Au terme de ce combat épique, on aurait dit que j’avais gambadé dans un champs de ronces.

L’animal a capitulé, cependant, et j’ai pu inspecter sa fourrure et son collier. Point de mot.

« La litière ? » ai-je alors pensé.

La litière était vide de tout papier. Par contre, elle était pleine de petites choses dégoûtantes qui ne sentent pas bon. À défaut de faire travailler mes neurones à la résolution de l’énigme, je me suis dit que j’allais faire travailler mes bras.

À quatre pattes dans le caca, mes yeux sont tombés sur l’envers du plateau de la table de la cuisine : un petit rouleau blanc y était scotché.

Je ne pouvais pas nier que cette table ne portait pas de chaussettes.

J’ai déplié le précieux document qui disait : « Je ne suis qu’une simple planche de bois, mais si tu m’utilises, tu ne t’ennuieras jamais ».

Ah, le vil ! Valentin utilisait cette satanée chasse au trésor pour me faire passer un message ! Compte-tenu de la pile de linge sale qui tentait de concurrencer la tour de Pise, il était bien évident que je ne risquais pas de m’ennuyer avec ma planche à repasser !

Hors de question que je cède au chantage.

Pour autant, je ne voulais pas abandonner le jeu. J’ai donc entrepris de fouiller la montagne de linge. À la fin, ce n’était plus une montagne mais un volcan qui serait entré en éruption, projetant ses débris (nos vêtements) tout autour de lui.

La pièce était au moins aussi dévastée que mon moral. Pire, je n’avais pas trouvé le message suivant. Contemplant le massacre, je n’ai pas pu me résoudre à laisser la buanderie dans cet état. Je me suis donc retrouvée à repasser TOUT le linge.

Quand j’en ai eu fini, je me suis dit que je méritais bien une petite pause : j’ai attrapé mon livre du moment et me suis effondrée dans mon canapé. Lorsque j’ai tourné la première page, une fine feuille de papier a voleté  devant mon nez : le troisième message.

J’avoue, je ne l’avais pas vue venir celle-là et j’ai presque admiré la finesse d’esprit de mon roublard de compagnon.

Jusqu’à ce que je prenne connaissance de la teneur de cette nouvelle énigme : « je garde ton pain frais, j’éloigne les mouches. Qui suis-je ? ».

Valentin voulait-il que j’aille rendre visite au boulanger ? Le jeune boulanger aux fesses rondes et – je l’imaginais – douces comme de délicieux petits pains au lait ? Curieux pour un jeu de Saint-Valentin.

Mais soit, les défis ne m’effraient pas.

Cette histoire de mouches ? Sûrement un mot de passe.

Je me suis donc présentée à la boulangerie.

Le fringuant propriétaire des lieux m’a accueillie avec un sourire aussi appétissant que ses chocolatines. Ce sourire s’est vite transformé en regards suspicieux, moues dubitatives puis, devant mon insistance, menaces de faire appel aux forces de l’ordre.

Le boulanger ne mangeait pas de ce pain-là et en avait visiblement sur la planche (du pain).

Un peu émotif, le jeune homme ! Je n’ai pas vraiment saisi la raison pour laquelle il a pris la mouche lorsque je lui ai fait part du fameux mot de passe : pourquoi pensait-il que je l’accusais d’un manque d’hygiène ? Si je m’appesantissais sur cette histoire de mouches, c’était uniquement parce qu’il ne semblait pas comprendre qu’il me devait un petit papier blanc en échange de ce code que je ne cessais pourtant de répéter sur tous les tons !

Je suis finalement rentrée chez moi, bredouille et furibonde. Pour me remettre de mes émotions, je me suis préparée de savoureuses tranches de pain (je ne suis pas rancunière) sur lesquelles j’ai fait fondre des carrés de chocolat. Une plaquette, en réalité. C’était un minimum compte-tenu de mes mésaventures.

Drôle de hasard, dans la boite à pain, je suis tombée sur un malicieux petit papier.

J’ai lu : « Je travaille toute la journée et toute la nuit, mais garde mon sang-froid. Ma nourriture, délicieuse , vous fera saliver. Qui suis-je ? ».

J’ai vu rouge  ! Voilà qu’il mettait la belle-mère dans la boucle ! Un jour de Saint-Valentin ! Au passage, il en profitait bien pour souligner ses qualités que, jamais, je ne pourrai égaler.

C’en était trop : si je résumais la journée, je m’étais battue avec mon chat, j’avais nettoyé sa litière avant de m’attaquer au repassage, puis de me ridiculiser avec le boulanger. La belle-mère était la goutte de trop.

J’ai pris mes cliques et mes claques, et je suis revenue vivre chez mes parents.

Valentin a bien essayé de m’amadouer en me faisant croire qu’une bague m’attendait dans le réfrigérateur.

Que nenni ! Je ne me suis pas faite avoir : vous vous en doutez bien, je suis bien trop maligne pour ça !

PS n°1 : Et si vous voulez, malgré tout, concocter un jeu de piste pour l’élu de votre cœur, allez donc faire un tout sur ce site : http://www.treasure.run. À condition de maîtriser l’anglais ou d’avoir un traducteur sous la main, il pourra vous aider à générer automatiquement des indices ainsi que des énigmes à résoudre. Chouette, non ?

Mais je vous aurai prévenus : c’est à vos risques et périls !

PS n°2 : Toute ressemblance avec des faits réels ne serait évidemment que pure et fortuite coïncidence…

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