Des crêpes pour la chandeleur - Humour de maman - humour de parents - anecdote drôle
Blablas au rhum

Crêpes au rhum

Ce week-end, vous n’avez pas pu passer à côté, c’était la chandeleur.

Je me revois, petite, piétiner d’impatience à l’idée de manger les délicieuses crêpes parfumées de ma maman. J’en garde un souvenir tendre et sucré, mélange d’odeur de fleur d’oranger et de concentré de bonheur dans ma bouche.

Ça, c’était avant.

Car, aujourd’hui, si je piétine sur place, c’est parce que je ne peux pas m’enfuir en courant : en tant que mère digne de ce nom, c’est à moi de préparer des crêpes pour mes enfants.

Vous avez remarqué, je ne parle pas souvent de cuisine sur ce blog. Jamais, en réalité.

Eh bien, il y a une bonne raison à cela : je déteste cuisiner (et accessoirement, je suis une piètre cuisinière).

Mais, ce week-end, le papa – et cuistot de la maison – étant absent, j’ai dû m’atteler à la tâche.

Et des tâches, il y en a eu. Ainsi que des taches. Une plus grosse que les autres, d’ailleurs.

Il y a d’abord eu la tâche et les taches :

Première d’entre elles : la préparation de la pâte.

Ça, c’était la partie facile : j’ai embauché mes deux petits commis, ravis de participer à une activité culinaire avec maman « pour une fois ».

Et on peut dire qu’ils ont mis du cœur à l’ouvrage : et vas-y que je me lâche sur le sucre, vas-y que j’éclate les œufs contre la table, que je fais gicler le lait et que je touille avec l’énergie d’un hamster sous acide tournant dans sa roue.

À la fin, ma cuisine n’avait plus d’une cuisine que le nom et ressemblait davantage à une toile abstraite intitulée « décliné de taches sur fond souillé de maculature ».

Comme vous pouvez l’imaginer, j’étais ravie que mes enfants laissent ainsi libre cours à leur créativité artistique.

Cette pâte, il a ensuite fallu la faire cuire. Deuxième tâche donc, si vous suivez.

La poêle multi-étages n’ayant pas encore été inventée, j’ai passé une bonne partie de l’après-midi sur ma gazinière.

Évidemment, rapport à ce que je vous disais plus haut au sujet de mes talents de cuisinière, la première crêpe a brûlé. La deuxième n’était pas assez cuite. La troisième était criblée de trous, la pauvre, on aurait dit le gilet pour bébé que j’avais tenté de tricoter lors de mon congé maternité. La quatrième était aussi épaisse qu’une tranche d’escalope de veau.

La cinquième et les suivantes étaient acceptables. Selon mes critères. Selon ceux de mes enfants, «elles n’avaient pas le même goût que celles de papa». Pff.

Il y a ensuite eu LA tache :

À peine vexée que mes crêpes ne soient pas aussi bonnes que celles de papa, j’ai tenté un coup d’esbroufe. « OK, les enfants, votre maman n’est pas douée en cuisine, mais elle fait le spectacle, elle, au moins ».

J’ai donc entrepris de faire sauter la douzième crêpe en l’air.

Sauf que j’avais oublié ma légère propension à la maladresse. Et la tendance naturelle de mon corps à se désynchroniser de mon cerveau : mes pieds sont allés dans un sens, le bras tenant la poêle dans un autre, tant et si bien que j’ai presque réussi à reproduire la célèbre posture du Parlamoncul. Ma prof de yoga aurait été fière de moi.

Au final, la crêpe et moi-même avons terminé de la même manière : face et dignité aplaties contre le sol.

Mes enfants se sont beaucoup amusés. Ils ont même applaudi.

Moi, je suis allée chercher la bouteille de rhum. J’ai parfumé allègrement le reste de pâte qui me revenait et j’ai troqué mes blablas au rhum contre des crêpes au rhum.

Pour oublier que la plus grosse tache de cette chandeleur, c’était moi.

Emma (qui vous a charitablement épargné l’anecdote de l’énième tache de cette histoire : celle toute bleue qui s’étend sur sa fesse droite).

8 commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *