Ciel étoilé - étoiles - Nuit - Bilan année 2020
Blablas au thé

Année 2020, je t’aime, moi non plus

Il y a quelques jours, alors que nous jouions à un jeu de société avec mon fils, il m’a dit : « Maman, j’ai envie que ce soit fini le coronavirus et, en même temps, je n’ai pas envie ».

Je me suis tournée vers lui, surprise et lui ai demandé de détailler : « Ben j’ai envie que ce soit fini, car on pourra retourner chez papy et mamie. Et puis, on pourra aller dans les parcs d’attractions. Mais, j’ai pas envie non plus, car on va moins vous voir, toi et papa. Et puis, on va devoir retourner à la cantine aussi ».

J’ai pris sa petite main dans la mienne, j’ai serré fort et je l’ai regardé droit dans les yeux, soufflée.

J’étais presque sidérée, à vrai dire, d’entendre des paroles d’une telle sagesse dans une aussi petite bouche.

Il a raison. Mon fils de 7 ans a su voir ce que je n’arrive plus à voir depuis des mois : il a réussi à déceler du positif dans une situation qui, à première vue, ne paraît que noire et désespérée. Il a su regarder les étoiles briller dans la nuit.

Et pourtant, nous faisons partie de ceux qui ont la chance d’avoir été épargnés par ce satané virus. Je sais malheureusement que tout le monde ne peut pas en dire autant.

Malgré cela, je ne retiens de cette année que les privations, la peur pour soi et ses proches, la perte de lien social, les conséquences dramatiques aussi bien en termes sanitaires qu’économiques pour nombre d’entre nous.

Je ne retiens que ce vertigineux néant couleur de nuit.

En ce dernier jour de l’année 2020, alors que je regarde derrière moi pour faire le bilan, je réalise que cette année m’a pourtant apportée autre chose : j’ai vu mes enfants grandir. Vraiment grandir. Nous n’avons jamais autant joué ensemble, nous avons même travaillé ensemble – je me souviens avec émotion de ce jour où j’ai dû me transformer en maîtresse d’école. J’ai profité d’eux au maximum, comme jamais jusque-là et comme jamais je n’aurais pu le faire dans des circonstances « normales ».
Au niveau personnel, je me suis recentrée sur moi-même, j’ai pu réfléchir à ce que je voulais vraiment, à ce que j’aimais vraiment. Finies, la dispersion et la frénésie, finie, la course sans fin après ce fichu temps qui passe trop vite, terminées, les distractions parasites qui détournent l’attention des vraies questions. En 2020, j’ai eu tout le loisir de m’interroger et de tirer les conclusions qui s’imposent.
Et puis, je connais la vraie valeur des choses désormais – je le crois, du moins : je sais séparer ce qui importe, ce qui compte de ce qui est dérisoire et superflu.
En définitive, je crois que mon regard sur la vie a évolué.

En ce dernier jour de l’année 2020, comme mon fils, je me rends compte que cette année n’a pas été qu’une longue nuit noire sans fin.

En ce dernier jour de l’année 2020, je choisis de me tourner vers les étoiles.

 

 

 

 

 

 

 

Un commentaire

  • Le monstrothécaire

    Youpi un nouvel article ! (Ca y est, je reçois à nouveau ta newsletters ! C’est fou !)

    C’est une très belle allégorie que tu as choisie. ^^ Tu vois, j’ai le même pragmatisme que toi… Au début j’ai regardé le ciel de nuit, me suis dit « tiens, elle veut dire que l’année a été une sorte de gros néant, un vide intersidéral puissant ».
    Je n’avais pas du tout pensé aux étoiles… Comme quoi, c’est important d’ouvrir les yeux sur le côté positif. x)

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